Utagawa Kuniyoshi (1797–1861)
Les Soixante-neuf Relais de la route du Kisokaidō
Relais n°70. Ōtsu : Koman


1852, 7e mois
Xylogravure polychrome, format ōban tate-e
Paris, musée Cernuschi, M.C. 4780.70
Legs Henri Cernuschi, 1896

Œuvre du musée Cernuschi présentée dans l’exposition Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi (19 mai – 8 août 2021).

Utagawa Kuniyoshi (1797-1861) est l’un des maîtres japonais les plus singuliers de l’ukiyo-e.

Artiste de l’école Utagawa et condisciple de Kunisada (1786-1865), dont il est le plus grand rival, Kuniyoshi est doué d’une imagination si débordante qu’il
aurait livré jusqu’à trois dessins par jour, souvent avec l’aide de ses élèves.

La série qu’il consacre à la route du Kisokaidō comporte soixante-douze estampes : deux pour les villes de départ et d’arrivée, soixante-neuf pour les relais et une page listant les étapes. Elle est le fruit de la collaboration de diverses équipes d’artisans, supportées par douze éditeurs différents, qui ont investi dans cet ambitieux projet.

Kuniyoshi reprit le même thème de la route du Kisokaidō que ses prédécesseurs Eisen (1790-1848) et Hiroshige (1797-1858), sous un angle différent, souvent teinté d’humour. Dans ses créations, l’artiste aborde ainsi le sujet de manière personnelle en s’inspirant de la littérature classique, du théâtre des marionnettes, du kabuki et du nō, ainsi que des légendes du folklore japonais : fantômes, esprits, samouraïs, courtisanes… Il évoque des épisodes littéraires ou historiques très populaires à l’époque d’Edo (1603-1868), comme La Chronique des huit chiens de Satomi du célèbre écrivain Kyokutei Bakin (1767-1848), paru en 106 volumes de 1814 à 1842.


Pour ses créations, Kuniyoshi utilise le même procédé humoristique que Kunisada, consistant à établir un parallèle entre le paysage et un sujet sans aucun rapport, en apparence. S’inspirant d’épisodes littéraires ou historiques très populaires à l’époque d’Edo, les scènes représentées ont rarement
un lien direct avec les relais auxquels elles sont associées. Très souvent, le rapprochement est fait par des jeux de mots.

Les éléments de paysage figurant dans l’encadré en haut à gauche, dont la forme varie en fonction de l’histoire évoquée, sont probablement une invention de l’artiste. Il a pu également se servir d’une référence iconographique, tel un livre illustré sur le Kisokaidō.

Vidéo

Musée Cernuschi

Arts d’Extrême-Orient (Chine, Corée, Japon, Vietnam)

Depuis son ouverture au public en 1898, le musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, a réuni près de 15 000 objets chinois, japonais, vietnamiens et coréens. À l’issue d’un chantier de rénovation de près de 9 mois, le musée a inauguré en mars 2020 un parcours de visite repensé, véritable invitation au voyage dans l’écrin de l’hôtel particulier imaginé au XIXe siècle par Henri Cernuschi.


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